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TDAH de l'enfant et de l'adolescent : diagnostic, école et dossier MDPH


Le TDAH est l'un des motifs les plus fréquents de questions des parents sur l'école et la MDPH. Cette page rassemble ce que disent les recommandations françaises sur le diagnostic chez l'enfant et l'adolescent, ce que l'école peut mettre en place avec ou sans dossier MDPH, et ce qu'un dossier doit décrire.

Ce qu'est le TDAH chez l'enfant

Le trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) est un trouble du neurodéveloppement. La Haute Autorité de santé le décrit par des symptômes d'inattention, accompagnés ou non de symptômes d'hyperactivité et d'impulsivité, d'une intensité inappropriée par rapport à l'âge de développement, avec un retentissement sur le fonctionnement scolaire, social et familial1,2. En France, la seule estimation citée par la HAS est d'environ 3,5 % des enfants de 6 à 12 ans, selon une enquête de 20113.

Un enfant distrait ou très actif n'a pas forcément un TDAH : c'est l'intensité des signes, leur durée et leurs effets qui comptent, et c'est un médecin qui en juge.

Qui pose le diagnostic, et comment

La HAS distingue trois niveaux. Le repérage revient aux médecins de premier recours : médecin généraliste, pédiatre, médecin scolaire. Le diagnostic peut être posé par tout médecin formé au TDAH, ce qui correspond au deuxième niveau (CMPP, CMP, CAMSP ou médecin spécialisé). Les centres experts de CHU forment le troisième niveau1,2.

Il n'existe ni examen ni marqueur biologique qui confirme le diagnostic. Celui-ci repose sur des entretiens, un examen clinique et un recueil d'informations auprès des personnes qui connaissent l'enfant, et demande le plus souvent plusieurs consultations1,2. Le médecin peut s'appuyer sur des échelles remplies par les parents et par les enseignants : la HAS recommande de croiser les sources d'information, familiales, scolaires et extrascolaires2.

La place des bilans

Selon la HAS, le bilan neuropsychologique n'est pas nécessaire pour poser le diagnostic de TDAH. Il est en revanche recommandé lorsque plusieurs troubles sont associés, lorsqu'une déficience intellectuelle est suspectée ou lorsque les symptômes sont sévères, pour établir un plan de soin. La HAS précise aussi que des résultats dans la norme n'excluent pas un TDAH2.

Au cabinet, le bilan neuropsychologique se fait toujours en présentiel. Le bilan psychologique peut se faire à distance, selon la situation ; pour un jeune enfant, il repose en grande partie sur les questionnaires remplis par les parents.

Les premières aides recommandées

Dès que le diagnostic est posé, la HAS recommande de proposer systématiquement une psychoéducation à l'enfant et à sa famille, et en première intention un programme d'entraînement aux habiletés parentales. Lorsqu'un traitement médicamenteux est prescrit, il est toujours associé à des mesures non médicamenteuses1,2.

À l'école : agir sans attendre la MDPH

La HAS recommande que les aménagements pédagogiques soient mis en place le plus rapidement possible, avant même la rédaction d'un plan ou la saisine de la MDPH2. Deux cadres existent.

  • Le PAP (plan d'accompagnement personnalisé) s'adresse aux élèves dont les difficultés scolaires durables viennent d'un trouble des apprentissages, TDAH compris, sans reconnaissance du handicap. Il nécessite l'avis du médecin de l'Éducation nationale et peut être demandé par la famille dès qu'un diagnostic médical est posé4.
  • Le PPS (projet personnalisé de scolarisation) ne peut être mis en place que si la MDPH reconnaît la situation de handicap, après décision de la CDAPH5. La HAS le recommande si le PAP ne suffit pas ; le PPS remplace alors le PAP2.

Pour les examens, le PAP comme le PPS ouvre droit à des aménagements, sur demande de la famille4.

Quand un dossier MDPH a du sens

La HAS recommande de proposer aux parents de saisir la MDPH lorsqu'un plan de compensation est nécessaire, en raison de l'intensité du trouble ou de troubles associés, malgré des interventions adaptées2. La décision appartient à la CDAPH. Selon la situation, elle peut porter sur un PPS, du matériel pédagogique adapté ou l'aide d'un accompagnant (AESH)6. La HAS indique que l'AESH n'est pas recommandé de façon systématique pour un TDAH isolé léger ou modéré2.

L'AEEH ne dépend pas du diagnostic mais du taux d'incapacité fixé par la CDAPH : au moins 80 %, ou entre 50 et 80 % si l'enfant bénéficie de certains accompagnements, soins ou rééducations préconisés par la CDAPH7. Voir la page AEEH et compléments.

Le dossier comprend le formulaire de demande et le certificat médical. L'école peut remplir un GEVA-Sco qui est joint au dossier6. Un questionnaire complémentaire pour les troubles du neurodéveloppement, qui cite expressément le TDAH, n'est pas obligatoire mais recommandé pour aider l'équipe de la MDPH à cerner les besoins8.

Avant 12 ans : les plateformes de coordination

Les enfants de 0 à 12 ans présentant des écarts de développement évoquant un trouble du neurodéveloppement, TDAH compris, peuvent bénéficier du forfait d'intervention précoce. Il est prescrit par un médecin et passe par une plateforme de coordination et d'orientation (PCO). Il finance pendant un an certains bilans et séances de psychologues, psychomotriciens ou ergothérapeutes, et s'arrête dès que l'AEEH est versée9.

Ce qu'un bilan apporte, et ce qu'il n'apporte pas

Ce qu'il documente

Un compte rendu de bilan décrit le fonctionnement de l'enfant et ses effets concrets : à quel moment l'attention lâche, ce que coûtent les devoirs, ce qui aide. Cette description du quotidien est ce que l'équipe pluridisciplinaire peut exploiter, aux côtés du certificat médical. Voir aussi décrire ce que l'on observe à la maison.

Ce qu'il ne garantit pas

Un bilan ne pose pas le diagnostic médical, ne remplace pas le certificat médical et ne garantit aucune décision. Ce site informe ; il n'est pas une MDPH. Les honoraires figurent uniquement sur la fiche Doctolib des praticiens.

Sources

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