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Trouble du spectre de l'autisme chez l'enfant et l'adolescent : repérage, diagnostic et dossier MDPH


Des premiers signes au diagnostic, puis aux aides possibles, le parcours d'un enfant autiste passe par plusieurs interlocuteurs. Cette page résume les recommandations de la Haute Autorité de santé et ce que la MDPH peut ouvrir, avec les sources officielles.

Les signes qui doivent alerter

La Haute Autorité de santé a publié en 2018 une recommandation sur les signes d'alerte, le repérage, le diagnostic et l'évaluation du trouble du spectre de l'autisme (TSA) chez l'enfant et l'adolescent1. Quel que soit l'âge, deux signes d'alerte sont considérés comme majeurs : l'inquiétude des parents sur le développement de leur enfant, notamment sur la communication sociale et le langage, et une régression des habiletés de langage ou de relation2. Chez le jeune enfant, la HAS cite aussi l'absence de babillage, de pointage ou d'autres gestes sociaux à 12 mois, l'absence de mots à 18 mois, et l'absence d'association de mots à 24 mois2.

La HAS précise qu'aucun des autres signes, pris isolément, n'a de valeur prédictive2. Le diagnostic peut être posé dès l'âge de 18 mois3.

Qui pose le diagnostic

Le diagnostic de TSA est un diagnostic clinique et médical4. Il relève d'une équipe pluriprofessionnelle spécialisée de proximité, dite de deuxième ligne : équipes de pédopsychiatrie ou de CMP, pédiatrie, CAMSP, CMPP, réseaux de soins, ou praticiens libéraux coordonnés par un médecin4. Les centres ressources autisme (CRA) forment la troisième ligne. Ils peuvent réaliser des bilans et des évaluations, notamment dans les situations complexes, mais ne remplacent pas les services de proximité5,6.

Pour les enfants de 0 à 12 ans, les plateformes de coordination et d'orientation (PCO) organisent un parcours d'interventions précoces et de diagnostic6. Sur prescription d'un médecin, le forfait d'intervention précoce prend en charge pendant un an des bilans et séances de psychologues, psychomotriciens ou ergothérapeutes. Il s'arrête dès que l'AEEH est versée7.

L'évaluation du fonctionnement

Au-delà du diagnostic, la HAS recommande une évaluation individualisée et multidimensionnelle du fonctionnement. Elle porte notamment sur le niveau de fonctionnement intellectuel et le profil cognitif, en repérant les difficultés mais aussi les points forts, sur le langage et la communication, sur les capacités d'adaptation dans la vie quotidienne, sur la psychomotricité et sur les particularités sensorielles4.

Les parents ont une place centrale. L'évaluation repose sur des observations directes et indirectes recueillies auprès des proches, en particulier les parents4. La recommandation de 2026 la décrit comme basée sur des observations réalisées et partagées par les parents et les professionnels8.

Au cabinet, le bilan neuropsychologique se fait toujours en présentiel. Le bilan psychologique peut se faire à distance, selon la situation ; pour un jeune enfant, il repose en grande partie sur les questionnaires remplis par les parents.

Agir sans attendre

L'évaluation ne doit pas retarder la mise en place des interventions, qui peuvent commencer sur la base d'un diagnostic provisoire4. En 2026, la HAS a actualisé sa recommandation de 2012 sur les interventions. Les interventions globales recommandées sont développementales et comportementales ; elles commencent le plus tôt possible, dès les premières interrogations diagnostiques, et se poursuivent pendant l'enfance et l'adolescence. Le soutien et la formation des parents sont jugés indispensables8. La HAS rappelle aussi qu'il n'existe pas de médicament qui traite l'autisme, et que les besoins de l'enfant doivent être réévalués au moins une fois par an3.

Ce que la MDPH peut ouvrir

Un diagnostic d'autisme n'ouvre pas de droit en lui-même : toute situation de handicap ne nécessite pas des moyens de compensation notifiés par la MDPH9. Lorsque c'est le cas, la CDAPH décide après évaluation par l'équipe pluridisciplinaire, à partir du dossier déposé par la famille9.

Pour la scolarité

  • PPS et AESH : le projet personnalisé de scolarisation précise le déroulement de la scolarité et les actions pédagogiques, éducatives et de soins. L'aide d'un accompagnant (AESH), individualisée ou mutualisée, répond à un besoin évalué par l'équipe pluridisciplinaire et validé par la CDAPH10.
  • UEMA : unités d'enseignement en maternelle autisme, implantées dans des écoles maternelles et fonctionnant avec un établissement ou service médico-social, pour sept enfants au plus, à partir de 3 ans9.
  • UEEA : unités d'enseignement en élémentaire autisme, pour sept à dix enfants de 6 à 11 ans, accompagnés par un service de soins référent9.
  • IME : institut médico-éducatif, pour les 3 à 20 ans11.

L'orientation en UEMA, en UEEA ou en établissement médico-social est prononcée par la CDAPH9. Le détail de la procédure figure sur la page scolarisation, PPS et AESH.

Pour la famille

L'AEEH suppose un taux d'incapacité d'au moins 80 %, ou compris entre 50 et 80 % si l'enfant est accompagné par un établissement ou service médico-social, un dispositif de scolarisation adapté, ou des soins préconisés par la CDAPH12. Un complément peut s'y ajouter : voir AEEH et compléments. Avant 20 ans, la prestation de compensation du handicap (PCH) suppose de percevoir l'AEEH et d'avoir droit à un complément13.

Le dossier comprend le formulaire de demande et le certificat médical. Un questionnaire complémentaire, facultatif, permet de mieux décrire le quotidien d'un enfant présentant un trouble du neurodéveloppement7. Voir aussi décrire ce que l'on observe.

Ce qu'un bilan apporte, et ce qu'il n'apporte pas

Ce qu'il documente

Un compte rendu d'évaluation décrit le profil de l'enfant, ses appuis et ses difficultés, et leurs effets concrets sur la communication, l'autonomie et les apprentissages. C'est ce retentissement que l'équipe pluridisciplinaire peut exploiter.

Ce qu'il ne garantit pas

Un bilan ne remplace ni le diagnostic médical ni le certificat médical, et ne garantit aucune décision de la CDAPH. Ce site informe ; il n'est pas une MDPH. Les honoraires figurent uniquement sur la fiche Doctolib des praticiens.

Sources

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